L’envolée de l’alimentation végétarienne

Depuis quelques années, les produits végétariens sont en plein essor, s’appropriant une part de marché -toujours plus importante dans le secteur agro-alimentaire. Afin de -mieux recenser la progression -spectaculaire des produits alimentaires d’origine -végétale, nous avons fait appel à l’asbl EVA à Gand.

L’asbl EVA (consultez www.evavzw.be/fr) est une ­organisation qui œuvre pour la consommation de ­toute ­forme d’alimentation végétale comestible et ce aux ­quatre coins de la Belgique. Dans ce contexte, la saveur joue un rôle croissant.

L’asbl EVA a été fondée vers l’année 2000 par un groupe d’étudiants à Gand. Actuellement, EVA est devenue une organisation professionnelle avec quelque 13 employés à plein temps et à mi-temps. Nous avons été accueillis­ au cœur de la Maison Veggie, à Gand par Maureen Vande ­Capelle, responsable principalement du suivi des cuisines pour collectivités

Sans viande

Tant le végétarisme que le végétalisme ont comme objectif de bannir impérativement la viande de leur alimentation. Si les végétariens ne mangent pas de ­viande, ils consomment néanmoins les produits issus de l’animal tels que le beurre, le lait ou les œufs. Le véganisme, par contre proscrit­ outre la viande, les produits qui pro­viennent de l’animal. Et le magazine britannique qui fait autorité The Economist prédit qu’en 2019, le véganisme sera la tendance clé, la  “mainstream” dans le monde de l’alimentation et de l’horeca.

Dès sa création, l’asbl EVA s’est profilée principalement comme une association de consommateurs. Il y a huit ans, toutefois un programme de formation a été entamé, destiné aux personnes actives dans le secteur horeca (restaurants et cuisines pour collectivités). 

Un programme de ­formation pour les établissements ­agro-alimentaires

Et depuis trois ans, un programme de formation a été mis en place destiné aux grands et petits établissements de l’agro-alimentaire qui souhaitent introduire des ­produits végétariens ou végétaliens dans leur gamme. La flambée de produits alimentaires végétariens se manifeste également dans ce secteur car “les demandes des entreprises se multiplient”. Quoi qu’il en soit, des projets de coopération intéressants ont été réalisés d’ores et déjà entre un nombre d’entreprises réputées, telles que Lima et Alpro. En outre, divers établissements opérant dans le secteur de la viande sont intéresses, ce qui, à première vue, surprend. Toutefois: “Bon nombre de ces entreprises souhaitent diversifier leur offre et élargir leur gamme en y ajoutant des produits végétariens et/ou végétaliens.”

Un jury de ­consommateurs

L’asbl EVA est en mesure de coopérer avec ces entre­prises, par exemple en soumettant des jurys à des tests de dégustation afin d’évaluer le goût de leurs créations végétariennes/végétaliennes. Les résultats obtenus à partir de ces tests pourraient ensuite être confrontés lors d’un atelier de cuisine qui serait organisé à la ­Maison Veggie.

Les entreprises du secteur agro-alimentaire recourent de plus en plus à l’information et aux services fournis par l’asbl EVA. “Et nous observons que les entreprises qui optent pour une approche directe sont toujours plus nombreuses .En particulier en élaborant une version végétalienne, sans passer par la variété végétarienne. En effet, en l’absence de viande et de ses dérivés, ces ­produits alimentaires accèdent à un marché beaucoup plus vaste, ce qui représente un intérêt économique bien plus intéressant.

Label-V

De toute manière, l’asbl EVA recommande aux entreprises agro-alimentaires de faire la demande du label européen V, chaque fois qu’elles lancent un nouveau produit végétarien commercial. “Même si ce label n’est pas une obligation légale, il permet une communication efficace et claire vis-à-vis du client.” Et ce label se ­décline en deux versions :“végétarien” et “végétalien”.

Next Food Chain

Alors, afin de stimuler encore davantage l’élaboration de ces produits, l’on envisage, dans un proche avenir, le lancement du Next Food Chain (visitez www.nextfoodchain.be). C’est le premier réseau d’entreprise axé sur le thème de l’alimentation d’origine végétale en Flandre, entendez un travail en réseau au niveau “Business-to-Business”. L’objectif est bien évidemment d’inciter les diverses entreprises agro-alimentaires à coopérer de plus belle à la réalisation de produits végétaux ou végétaliens. “Nous avions conscience d’une réelle demande et nous nous sommes inspirés d’initiatives semblables à l’étranger.”

Les nouveaux produits d’origine ­végétale

Dans l’élaboration de nouveaux produits alimentaires d’origine végétale, une nouvelle tendance se fait jour, notamment dans le domaine des substituts de viande et de produits laitiers. Effectivement, le lait, le beurre, le fromage, les œufs se voient remplacés par des alternatives à 100% d’origine végétale. 

Dans ce contexte, nous distinguons deux grandes orientations. Soit le produit imite quasi à la perfection la saveur de la viande ou du produit laitier. “L’époque des produits mi-figue, mi-raisin est révolue, car le public s’en détourne franchement.” Soit l’on confectionne un produit entièrement nouveau au goût qui ne ressemble en rien à celui de la viande ou des produits laitiers.

Dans notre pays, la plus forte croissance de la consommation des produits d’origine végétale se perçoit à Bruxelles. Et dans un proche avenir, s’ouvre un énorme marché, car une étude récente, menée par l’asbl EVA, révèle que près de la moitié de nos compatriotes sont disposés à réduire leur consommation de viande “à condition de trouver des substituts savoureux”.

auteur: Brecht Thiers & photos: Marc Masschelein

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